Sommet islamo-chrétien à Beyrouth 19 juin 2012

Un sommet islamo-chrétien s’est tenu hier à la mosquée Mohammad el-Amine au centre-ville de Beyrouth sur le thème « Comment musulmans et chrétiens font la paix ». La rencontre s’est déroulée à l’invitation du mufti de Tripoli et du Nord, cheikh Malek Chaar, avec la participation de l’Église anglicane des États-Unis. Parmi les participants, l’ancien président Amine Gemayel, le ministre de l’Information Walid Daouk, le député Ammar Houry, une délégation du Vatican, présidée par le cardinal Jean-Louis Tauran, ainsi qu’une délégation d’ulémas d’Iran présidée par cheikh Mohammad Ali Taskhiri.

Prononçant l’allocution du patriarche Grégoire III Laham, l’évêque de Zahlé et de Ferzol, Issam Darwiche, a déploré l’exode des chrétiens. « L’exode des chrétiens signifie que la société arabe deviendra uniforme et que le Moyen-Orient deviendra une société arabe musulmane », a-t-il estimé avant de mettre en garde contre cet exode. « Si l’Orient se vide des chrétiens, cela ouvrira la voie à un conflit destructif islamo-chrétien », a-t-il dit, tout en invitant les parties à désarmer la région arabe pour en faire une terre de paix où vivront ensemble chrétiens et musulmans.

Cheikh Malek Chaar a mis l’accent sur l’importance que revêt la paix civile dans les sociétés arabes. Il a observé que ce sommet islamo-chrétien se déroule aujourd’hui pour la première fois au Liban, après avoir eu lieu il y a deux ans à la cathédrale de Washington DC. Et ce « non seulement parce que le Liban est le berceau des civilisations et le point de rencontre des cultures, mais surtout parce qu’il est un message », comme l’a affirmé le pape Jean-Paul II. Et d’inviter les participants « à traduire leurs idées en un dialogue efficace pour une paix au Liban et dans le monde ».

L’ancien président Amine Gemayel a, de son côté, estimé que le Liban est « le premier vivier au monde entre chrétiens et musulmans ». La coexistence est le meilleur des choix, à la condition qu’elle accorde à chaque Libanais la liberté, la sécurité, la tranquillité et l’égalité, dans l’espace de la diversité, a-t-il dit. Faisant part de sa confiance dans la formule libanaise, M. Gemayel a observé que le succès de cette formule ne permettrait pas uniquement de sauver le Liban, mais serait aussi susceptible d’offrir au monde arabe une issue en cette période de révolution. « Il donnerait aussi une chance au dialogue islamo-chrétien en Orient et dans le monde », a-t-il ajouté, appelant à sortir des conflits historiques et à une alliance islamo-chrétienne.

Enfin, le cardinal Jean-Louis Tauran a salué la capacité des Libanais à dépasser la douloureuse période de la guerre. Il s’est dit confiant que « lorsque les chrétiens et les musulmans travaillent ensemble, ils sont capables de préparer un avenir meilleur », avant d’inviter les deux parties « à œuvrer et vivre ensemble pour la paix 

L’Orient Le Jour

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