Les responsables religieux de Centrafrique appellent à « une opération de paix » en Centrafrique

L’archevêque, l’imam et le chef de la communauté protestante de Centrafrique ont confié lundi 24 mars à l’AFP qu’ils avaient plaidé ensemble auprès des États-Unis et du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon pour le déploiement rapide d’une force de l’ONU. Les trois dignitaires seront reçus mercredi 26 mars en audience par le pape François.

« Il faut qu’une opération se réalise dans les meilleurs délais, nous voulons arrêter cette descente aux enfers », a déclaré l’archevêque de Bangui, Dieudonné Nzapalainga, rendant compte de leurs nombreux entretiens du mercredi 12 au samedi 22 mars à New York et à Washington.

Les trois hommes étaient accueillis à Rome par la communauté catholique de Sant’ Egidio qui soutient leurs efforts. Ils interviennent ensemble en faveur de la concorde religieuse depuis le début des massacres.

« Une opération de paix »

« Ban Ki-Moon, a ajouté l’archevêque, est conscient de la situation et souhaite une opération de la paix. (Les actuelles opérations) Sangaris et MISCA sont confrontées à des problèmes de logistique énorme. Elles ont montré leurs limites et il est temps de leur venir en aide ».

L’inquiétude des trois leaders religieux est que cette force ne puisse être déployée avant septembre. Ils évaluent à environ 15 000 à 18 000 hommes les effectifs d’une force de pacification efficace.

Risque de famine

« L’un de nos buts aux États-Unis était d’expliquer la situation humanitaire. Cela fait presque un an que les campagnes agricoles n’ont pas été effectuées. Les semences ont disparu dans les villages brûlés, alors que la saison des pluies approche », a déclaré l’imam Oumar Kobine Layama.

Le révérend Nicolas Guerekoyame-Gbangou, président de l’Alliance des évangéliques, a insisté sur un engagement américain : « nous avons sollicité les autorités pour reprendre leurs relations avec la République centrafricaine. Les Européens sont là, la France mène la danse, mais il y a aussi la place pour les États-Unis ».

« L’USAID doit venir en République centrafricaine avec toutes les ONG américaines », a-t-il dit.

Suivi du financement

Au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale, ils ont demandé que leurs représentants reviennent à Bangui pour « un meilleur suivi du financement qu’ils vont accorder ». Ils ont rencontré les leaders religieux américains à l’initiative des Quakers.

Selon eux, David Brown, conseiller spécial du Département d’État pour la Centrafrique, devrait venir le 8 avril avec une délégation, dont des responsables religieux.

« Nous pensons être la voix des sans voix », a martelé l’évêque, témoignant de la « peur d’être tués » des habitants dans les moindres villages, et de leur fuite dans la brousse au simple bruit que fait leur voiture en arrivant. Ils ont en revanche cité l’exemple d’une bonne cohabitation entre communautés à Bangassou (750 km au sud-est de Bangui), grâce à « une plate-forme commune qui fait le tour de la ville pour apaiser les tensions ».

25/3/14 – 15 H 00

AFP

http://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Actualite/Monde/Les-responsables-religieux-de-Centrafrique-appellent-a-une-operation-de-paix-en-Centrafrique-2014-03-25-1125806?xtor=EPR-9-%5B1300603851%5D

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